Paroles de Stéphane

Le truc important pour moi, c'est de quitter la Belgique et un milieu bien calme, pour se retrouver en banlieue parisienne et découvrir que la vie n'est pas aussi cool que ce que j'avais cru jusqu'alors! Ca m'a fait réfléchir, j'ai mûri intellectuellement, je me suis rendu compte de pas mal de choses, et c'est comme ça que j'ai découvert le rock et la politique. Adolescent, il y a eu une période importante où la politique a été le moteur de ma vie. Aujourd'hui, ça m'a passé, j'ai toujours des idées, mais je ne rêve pas de la révolution toutes les nuits!

En banlieue, j'ai découvert la violence: celle des loubards, qui n'existait pas en Belgique. Ca voulait dire se faire frapper et racketter à la sortie du lycée. Pour éviter de se faire casser la figure, il faut être plus fort que les autres, et quand on a pas le physique de Rambo, il faut apprendre à ruser, être plus intelligent que l'adversaire. Quand j'étais adolescent, j'ai également découvert le rock, mais c'était le rock pénible des années soixante-dix: Genesis, Yes, les baba-cools, ...

Je ne le renie pas parce que c'était la musique de mon âge à cette époque. Tout le monde écoutait ça au lycée. C'est vraiment en 77-78 que j'ai découvert pas mal de choses, dont la plus importante était pour moi que je pouvais faire de la musique, qu'il ne fallait pas être surdoué ou avoir des années de pratique pour faire un groupe. J'ai donc commencé à en faire, et à faire parallèlement de la politique. En débarquant en banlieue j'avais découvert qu'il y avait des gens pauvres et des gens riches, et ça me gênait. Comme ça me révoltait de voir des types se faire casser la gueule par des flics ou des fascistes, simplement parce qu'ils avaient les cheveux longs. Donc je me suis dit, le plus naïvement du monde: "Ils ne sont pas gentils, je vais me battre contre eux" ! Et je me suis battu, d'abord tout seul dans ma tête, et puis après dans les associations du lycée. On essayait de changer le monde, on organisait des grèves, des manifs. C'était de l'utopie totale, mais ça on ne s'en rend compte qu'après. C'est comme ça que j'ai gâché une bonne partie de mes études. Je n'étais pas vraiment un meneur, plutôt un genre de "sous-leader", et puis j'évitais les groupements où il y avait des leaders trop voyants. Je n'aimais pas perdre du temps à écouter des types parler pendant des heures, j'étais plutôt partisan de l'action: militer, distribuer des tracts, organiser des comités anti-fascistes, ou des trucs contre le gouvernement de l'époque ... Et puis aller se faire frapper avec les faschos, c'était tout ça. En même temps je me suis occupé de gamins, j'étais presque directeur de centre de loisirs pour occuper les enfants le mercredi après-midi. Je faisais ça quand j'étais encore au lycée, comme un job pour gagner un peu d'argent de poche.

Et puis à un moment j'en ai eu assez, ça prenait la mauvaise tournure, alors j'ai voulu casser tout ça et je suis parti à la montagne. J'ai découvert le grand air, l'espace, j'ai découvert qu'il n'y avait pas que la ville. Jusqu'alors je n'avais vécu la montagne qu'en tant que vacancier, et là je me suis aperçu qu'on pouvait y travailler, y vivre tranquillement, habiter dans un endroit très calme, et que c'était bien. J'ai découvert que je pouvais vivre d'un truc que j'aimais très fort: le ski. Pourtant je ne savais pas trop en faire, j'étais parti surtout pour tirer un trait sur la vie en banlieue et sur la politique. L'envie de la montagne, ça m'était venu en faisant une classe de neige avec des enfants; j'avais été viré d'une école, et comme il fallait bien que je m'occupe, je m'étais inscrit comme animateur pour faire cette classe de neige. Et comme l'endroit m'avait plu, je suis resté là-bas.

J'ai commencé par faire de l'animation dans la station, avec les mômes, et puis j'ai commencé à me perfectionner en ski. Je voulais faire de la compétition, mais je n'avais pas le niveau, il faut avoir commencé tout petit. Pour s'intégrer au milieu savoyard, il faut commencer au bas de l'échelle, alors j'ai été "perchman", celui qui donne les tire-fesses aux skieurs en bas des pistes. Et puis j'ai donné des cours de ski, tout en passant les examens pour devenir moniteur, mais je ne suis pas allé jusqu'au bout. J'ai également été pisteur.

L'été, je venais à Paris, et je m'occupais de centres aérés. Je redécouvrais la ville. Et ensuite je suis resté à la montagne toute l'année, parce qu'il y avait des choses à y faire aussi l'été.

Nicola venait me voir de temps en temps, et j'ai vu qu'il se passait des choses à Paris. J'étais parti parce que je croyais que plus rien ne pouvait se passer, à part un itinéraire politique qui prenait un tour malsain. J'étais parti vers 79. Nicola me tenait toujours au courant des nouvelles de Paris, et lorsque j'y revenais, je rejouais un peu de musique, avec lui ou avec des petits groupes. C'est comme ça, pendant une inter-saison, que j'ai écouté des maquettes d'Indochine qu'ils étaient en train de former. J'ai trouvé ça bien, très bien même! Ca sortait de l'ordinaire et ça m'a séduit. C'était une période où j'en avais un peu marre de la montagne, je commençais à m'y ennuyer! Je voyais que Paris bougeait à nouveau, avec Indochine, alors je me suis incrusté. J'ai acheté un synthé d'occasion, parce que c'était l'instrument qui semblait le mieux pouvoir s'intégrer à ce qu'ils faisaient.

Ils ont enregistré un premier 45 tours à trois, avec Dimitri. Moi entre temps j'avais dû repartir travailler au ski; et pendant un moment je les ai suivis, un an à peu près, sans être vraiment dans le groupe. Je ne voulais pas en faire partie officiellement, je ne voulais pas être sur contrat, parce que j'avais encore des idées bien reçues, préconçues plutôt, sur le show-business. Mais ils ont fini par me convaincre de signer le contrat pour enregistrer "L'Aventurier", et voilà. On faisait des petits concerts. J'étais en même temps inscrit à la fac en psycho, une branche naturelle pour quelqu'un qui s'était occupé de mômes! Je me disais que si la musique ne marchait pas, avec mon expérience et des diplômes de psycho, je pourrais faire de la pédagogie, ça m'intéressait à l'époque. La journée j'allais au cours, et le soir je travaillais le synthé pour jouer à peu près bien. Je travaille toujours d'ailleurs. On a tous beaucoup bossé, et il faut continuer à le faire, parce qu'on est arrivé à un tel niveau de succès qu'on se doit d'être professionnels. Il n'y a pas de secrets, il faut travailler, même en étant dans un groupe de rock qui marche, c'est une logique incontournable, il faut toujours travailler pour continuer et que ça soit toujours mieux.

Avant qu'Indochine ne marche, je me disais que si je devenais connu un jour, j'en profiterais pour faire des chansons à messages, et puis en fin de compte, je me suis aperçu que ça ne servirait à rien. Mais mon passé politique me posait des questions: c'est vrai que je me suis retrouvé à faire des télés stupides, et des tas d'autres trucs très cons. Mais en réfléchissant, je réalisais qu'on réussirait à faire du rock, de la musique qu'on aimait, dans des émissions qu'au départ je trouvais idiotes.

J'ai vu ça comme une réussite, une victoire. Avant le succès d'Indochine, dans ma vie, je n'avais pas réussi grand chose, à part skier mieux que mes copains parisiens! C'est tout. Indochine, c'est une réussite personnelle et une réussite du groupe.

Mon background politique, il revient de temps en temps, par exemple pour soutenir l'opération "Touche pas à mon pote". Sinon c'est vrai que c'est sorti de ma tête. Parce que le succès ça change beaucoup de choses, tu as de l'argent, une vie facile. Dans ma vie à moi, ça a changé pas mal de choses. J'ai dépensé du fric, bêtement, dans les boites, la vie de rock-star quoi. Et puis ça m'a paru idiot, même si des tas de gens rêvent de ça. L'idéal, en fait, c'est d'être bien dans sa peau, et de faire ce qu'on a envie de faire. En ce moment, je vis bien dans Indochine. Il ne faut pas se laisser dépasser par les évènements, mais toujours garder les pieds sur terre. Et puis il faut continuer pour s'améliorer; parce qu'il faut être réaliste, on a énormément de chance de vivre quelque chose que l'on aime. Jusqu'à Indochine, la musique c'était un plaisir annexe dans ma vie, maintenant c'est devenu ma vie à part entière. Pour ça j'ai beaucoup travaillé et je continue de le faire. Beaucoup de gens nous considèrent comme des dingues du boulot, mais si on se repose un peu trop sur nos lauriers, on sera vite dépassés. C'est la loi de ce métier. C'est aussi ce qui m'est arrivé par période pendant les 5 années d'Indochine. Je me remets tout le temps en question, aussi bien musicalement qu'humainement.

Le succès de "3" m'a fait énormément plaisir, j'avais beaucoup misé dessus. S'il était passé inaperçu, ça aurait été une période difficile pour nous quatre, on y a mis beaucoup de nous-mêmes. C'est la première fois que je signe un morceau sur un disque par exemple. Dimitri et moi on a longtemps été considérés par beaucoup de gens comme les "Ringo Star" d'Indochine, des gens qui ne composaient pas, des poupées presque! Alors que je savais jouer, j'avais déjà composé pas mal de trucs que j'avais sur des bandes chez moi. Je n'avais fait écouter ça à personne avant qu'on fasse "3", parce que j'étais peut-être trop à l'écoute des gens extérieur au groupe. Mettre un nom sous la chanson, ce n'est pas un problème. Indochine est un groupe, si les morceaux sont signés Dominik et Nicola, ça ne veut pas dire que Dimitri et moi n'avons pas participé à leur élaboration. Ca m'a déçu que des gens extérieurs au groupe nous considèrent comme les dernières roues du carrosse, et c'est pour ça que je me suis encore plus investi dans le troisième album. C'est pour ça aussi que s'il n'avait pas marché, j'aurais reçu une claque!

Travailler à la télévision, autrement que comme musicien dans Indochine, c'est venu un peu par hasard. Canal Plus me passionnait, parce que je suis un fou de télé, et c'était la première expérience d'une télé différente en France. Une télé où on pouvait faire un peu ce qu'on voulait, j'ai trouvé ça passionnant. Il y a 4 ans, jamais je ne me serais vu co-présenter une émission, c'est venu comme ça, ça m'a plu, et ça a plu aux gens de Canal Plus qui veulent que je continue. Mais il y a Indochine, c'est évidemment la priorité. Ca passe avant tout. Mais la télé, c'est peut-être un truc que je ferais après, parce que ça m'intéresse complètement de construire et de participer à une émission, de voir tout ce qui s'y passe, devant et derrière les caméras. Même être réalisateur ou producteur, ça me branche. Canal Plus, c'est important pour moi, je l'ai soutenu à une époque où pas mal de gens crachaient dessus et disaient que c'était nul. Je faisais presque du militantisme, c'était donc super qu'on me propose d'y présenter une émission, et à plus forte raison une émission qui s'adresse à notre tranche de public, et qui soit rock, dans le contenu comme dans la présentation.

Je n'ai jamais essayé d'analyser psychologiquement, à la lumière de mes connaissances dans ce domaine, le comportement hystérique de certains de nos fans, surtout pendant les concerts. C'est vrai que c'est un peu angoissant, ça me fait parfois peur, parce que ça touche au fanatisme, et ça c'est une idée dont j'ai toujours eu profondément horreur. Ca rejoint un plan politique, on peut faire passer n'importe quel message, si on le souhaite! Heureusement, je sais que ce qu'on fait est sain. On a nos propres opinions, mais à la limite tout le monde s'en moque. Pour moi il n'y a plus rien à espérer de la jeunesse sur le plan politique, alors je trouve ça bien et normal qu'ils s'éclatent sur la musique comme moi j'ai pu le faire en militant, ou en faisant du ski. Je comprends un peu leur excitation quand on est là, parce qu'être fan d'un groupe, ça peut représenter beaucoup de choses dans leur vie. De toute façon, on a jamais été des fanatiseurs. C'est le même problème pour Bono, le chanteur de U2, quand tu vois son public en concert, tout le monde semble le considérer comme un dieu, et pourtant c'est un mec comme tout le monde. Nous aussi on est des gens comme tout le monde. Il suffit d'être assez intelligent pour ne pas "déraper". Je comprends les fans, à leur âge, j'aurai moi-aussi pu l'être, parce que j'aime bien la musique qu'on fait; mais peut-être pas au point de dépasser la musique. C'est un peu magique tout ça, difficile à expliquer, mais en même temps ça n'est pas trop grave, parce qu'on ne fait pas de provocation, on n'excite pas les gens pour rien, on n'est pas du genre à jeter dans la foule une chemise trempée de sueur, pour qu'ils se battent en tentant de se l'approprier. Ce genre de truc idiot, l'idolâtrie comme certains ont pu la provoquer, ce n'est pas notre but. Nous on est ce qu'on est, les gens sont fans de nous comme ça, et c'est bien parce que sans être mégalos, on fait passer nos trucs, et ça passe bien. Ca reste toujours à un niveau très gentil. On ne leur dit pas d'aller taper sur leurs parents ni sur leurs profs. On est plutôt là pour les faire rêver, par la musique et par les paroles de Nicola. Comme nous on a pu rêver d'autre chose à l'époque où on avait leur âge. En fin de compte, c'est surtout une histoire d'amour entre nous et notre public. Ca aurait été fausser le jeu que d'en profiter pour faire passer des messages précis. En plus les trois autres membres du groupe n'ont pas forcément les mêmes idées que moi. Et c'est bien d'avoir ce juste milieu: quatre vies différentes, quatre idées différentes, qui se rejoignent dans un absolu. Et puis c'est vrai que j'ai laissé tomber mes velléités d'activiste. Quant à mettre ma signature en bas des pétitions, façon Montand, Signoret ou Sartre, ce n'est pas mon truc. Je préfère être plus concerné par un truc précis, comme "SOS Racisme". Je n'espère plus grand chose politiquement, alors autant faire de la musique, essayer de donner du rêve, et s'éclater. Mon message, en tant que Stéphane, c'est ça: juste être dans un groupe dont les mômes aiment la musique, et continuer à en vivre.

Dans Indochine, on a réussit à éliminer le problème du leader. C'est vrai que Dominik a plus tendance à composer, mais c'est venu comme ça. Moi je m'y mets petit à petit, je prends confiance en moi. Tout le monde fait des concessions, mais on fait quand même toujours ce qu'on a envie de faire. Si un truc ne nous plaît pas, un morceau, une décision, on le dit; dans le groupe on se parle! Il y a des engueulades, comme partout ailleurs. Mais on a réussi à garder les pieds sur terre, dans toutes les circonstances; l'orientation du départ s'est améliorée au fur et à mesure. Nicola et Dominik ont été à l'origine du groupe, mais Dimitri s'investit de plus en plus, et chacun sait qu'il peut compter sur les autres, aussi bien musicalement qu'humainement. Ce qui n'était pas forcément le cas au début. On est arrivé, au bout de cinq années, à un véritable esprit de groupe. On a une confiance réciproque. C'est la marque d'un aboutissement pour moi. Et ça s'est fortement développé au cours de l'enregistrement de "3"; ça peut paraître bizarre qu'il ait fallu attendre si longtemps, mais c'est comme ça. On fait tous des concessions, c'est normal dans la vie d'un groupe, comme dans la vie d'un couple!

On gagne pas mal d'argent en ce moment, mais tout cet argent arrive au bon moment. Il serait arrivé il y a deux ans, alors qu'on en était pas à même de bien réaliser ce qui se passait, ça aurait été très différent. Heureusement on a fait le ménage autour de nous, on a chassé les "mauvais esprits". Il faut être vigilant. On a acquis cette confiance en chacun de nous qui fait qu'on peut s'exprimer et dire aux autres ce qu'on pense, sincèrement. C'est vrai qu'il y a eu des erreurs de faites, et il y en aura d'autres, c'est inévitable, parce qu'il y a des sollicitations quasi permanentes de la part des gens qui nous entourent, et des médias. Il faut réfléchir, tout le temps analyser ce qu'on vit et ce qu'on voit. Sauf qu'en ce qui concerne la musique, on ne s'est jamais dit "il faut faire un tube". Ca vient comme ça. On est pas là à s'angoisser pour que ça marche. La musique vient de nous, naturellement. Avec le business, on essaie d'avoir le minimum de relations, pour avoir le minimum de bagarres et de dégâts. On n'a pas eu, dès le départ, cette cinquième personne qui consacrait toute son énergie à faire connaître le groupe et à le protéger. Téléphone avait un manager comme ça, nous on n'a jamais eu de personne extérieure pour nous conseiller. Donc il y eu des erreurs. Nicola s'est un peu trop investi dans des histoires, mais à ce moment-là, les autres étaient là pour lui servir de garde-fou. On s'est débarrassé des gens qui nous avaient signés au départ, mais qui voulaient donner à notre carrière un tour qui ne nous plaisait pas. Surtout au niveau de l'international. Par exemple ils ne voulaient pas du tout qu'on aille jouer en Suède, alors que la Suède nous réclamait. Si on ne s'était pas débarrassé de ces gens-là, on ne serait jamais allé là-bas et ça n'aurait pas marché comme ça marche aujourd'hui. C'est nous qui avons voulu le faire. On réfléchit et on agit. On se partage les taches, les rôles, ce qui fait qu'on a réussi à se passer d'un manager. Nicola est plus fort dans les rapports avec la maison de disques; Dominik et moi on s'est plus investis dans la musique et le matériel, chacun a son truc, mais tout le monde fait quand même attention à tout ce qui se passe. C'est pour ça que le groupe vient de s'organiser en Société, pour que tout soit contrôlé par nous quatre. Parce qu'il y a beaucoup d'argent qui entre en jeu maintenant, puisque ça marche, et moi je trouve que c'est voler les mômes qu'il y ait des gens qui se fassent du fric sur le dos d'Indochine, donc je préfère que ce soit investi dans une Société, faite par nous-mêmes, pour que ça soit les gens qui travaillent vraiment au succès d'Indochine qui en profitent. On a dû faire des procès, ce n'est pas par plaisir, mais il fallait qu'on puisse avoir tout le pouvoir et toute la liberté de contrôler par nous-mêmes la destinée de notre groupe. Musicalement, on a toujours fait ce qu'on voulait, mais on avait toujours des soucis en tête, à propos du temps de studio par exemple. Maintenant on n'a plus ce problème là, on peut prendre le temps qu'on veut. On a toujours été "à la bourre" jusqu'au troisième album, il fallait faire des disques en un mois à peine, alors que les américains mettent trois mois! On voulait diriger tout ça, on a réussi à le faire, par étapes. Je ne sais pas où ça va nous mener, mais il faut être réaliste, Indochine, ça ne va pas durer toute notre vie! Mais ça permettra de nous faire vivre et de continuer à faire ce qu'on aime, des émissions de télé, du cinéma, du studio, même après Indochine.

Pour nous, réussir sur le marché anglo-saxon n'est pas primordial, mais on a déjà réussi à prouver en Suède et au Danemark qu'on peut marcher ailleurs qu'en France en chantant en français. En étant un groupe de rock, français. Si on réussit à poursuivre dans cette voie, ce sera une récompense pour nous et pour les gens qui sont derrière nous. Je ne veux pas dire qu'on sera les meilleurs, mais on sera les premiers. Déjà, on peut être content de notre situation actuelle, devenir le premier groupe de rock en France, on ne s'attendait pas à ça il y a quelques années, quand on a démarré. Avoir du succès à l'étranger, aussi bien qu'un groupe anglais, c'est déjà génial, on a beaucoup de chance. Alors aller encore plus loin dans le monde, ça serait fabuleux. On est conscient que ça ne va pas arriver d'un coup de baguette magique. Il faut mettre tous les atouts de notre côté pour y arriver. Le but, c'est que le plus de gens possible dans le monde puisse écouter la musique d'Indochine.

Ca me ferait le plus grand plaisir.