Communiqué de Christophe

Je soussigné Christophe Sirchis né le 6 avril 1957 à Champlan (91), certifie exact et sincère le témoignage que je livre ci-après

Pour avoir vécu de près les faits que je résume ci-après, j'exprime depuis 1999 mon opinion et mon désaccord quand à leur version jusqu'à présent rapportée par l'appareil de promotion de l'artiste Nicolas Sirchis, mon frère

Nicolas mène depuis 1999 une carrière solo sous le pseudonyme "Indochine"

Dans ce cadre, je désapprouve l'exploitation qui est faite de la mémoire de mon frère défunt Stéphane Sirchis pour les raisons suivantes :
- Le climat instauré par nicolas m'a conduit pendant des années à rester éloigné de mes deux frères. Ce climat est également à l'origine du départ, en 1994, de Dominique Nicolas, pillier musical et compositeur de la quasi totalité des succès du groupe Indochine.
- J'ai revu Stéphane vers 1994 alors que la carrière du groupe Indochine connaissait une accalmie.
J'ai constaté que, venant de divorcer, il n'avait pas de moyens de subsistance, ni de revenus.
- Son état de santé laissait apparaître une grande fatigue, sa principale énergie provenant de son état de dépendance à la drogue

Il s'est peu à peu confié à moi, me révélant combien son moral était bas.
Ses griefs concernaient, je cite, "les magouilles et les arnaques de Nicolas ..."

Je l'interrogeai ; il m'expliquait les manigances menées à son insu par son frère jumeau, qui avaient pour but de le maintenir sous sa coupe, en état de dépendance financière.

Lors de l'enquête que j'ai alors entreprise, il est apparu que Stéphane n'était pas soigné, car il n'avait ni argent ni couverture sociale.
Son entourage refusait de prendre conscience de son grave état de santé, préférant se plaindre de lui.

Mon frère Stéphane ne pouvait assumer seul les frais, extrêmement lourds d'une cure de soins intensifs, ce que savait parfaitement Nicolas, qui a pourtant refusé de l'aider.
Je cite Nicolas, alors que je tentais de mettre sur pied une coordination familiale : "Ca coûte une fortune, tu veux payer ? Pas moi ..."

De retour en France après un séjour en Belgique, il devait habiter un baraquement précaire, son seul bien.
L'endroit était humide, mal isolé, insalubre, peu recommandé pour son étant de santé.

Malgré la santé fragile de Stéphane, Nicolas a refusé d'interrompre les activités du groupe Indochine qui n'était alors plus constitué que de mes deux frères jumeaux.

Dans ce contexte, il promettait à Stéphane monts et merveilles.
Dans les faits, j'ai constaté le contraire.
Les conditions de travail étaient difficiles, dégradantes et nuisibles à sa santé : pas de loge privée pour s'isoler, pas de protection rapprochée pour tenir éloignés les vendeurs de drogue, défaut de moyens de transport pour se rendre aux concerts, aux interviews radio ou TV.
Souvent, des admirateurs se chargeaient de le reconduire, de faire ses courses, voire de lui avancer un peu de monnaie !

Il paraissait évident que Stéphane n'était pas physiquement en état de se produire.
Il avait un besoin impératif de repos et d'une thérapie sérieuse.

Vivant à l'étranger, très occupé par mon travail, je tentais toutefois de me tenir informé.

Ma demande que l'on stoppe immédiatement l'activité du groupe, le temps de cette thérapie, fut refusée ainsi que toutes les autres suggestions tendant à ce que l'on ménage Stéphane.

Nicolas persistait à l'exposer et lui faire tenir un rôle de figuration.
L'état de Stéphane, notamment ses pathologies de dépendances, s'aggravant, il n'était pas difficile de le convaincre de faire acte de présence tout en le tenant à l'écart des prises de décisions et de la plupart des étapes de création.

Sa condition au sein du groupe est devenue de plus en plus indigne : on l'écartait maladroitement des répétitions et des étapes importantes de la gestion du groupe, on ne le sortait de chez lui que pour faire de la figuration lors d'apparitions télévisées ou de concerts au cours desquels sa guitare était débranchée.

Tout cela s'est déroulé avec la complaisance des collaborateurs et du manager du groupe, qui, eux non plus, ne pouvaient ignorer la gravité de l'état de Stéphane et l'aspect humiliant de sa situation au sein du groupe.
Ceux-ci n'écoutaient que les complaintes de Nicolas : Stéphane gravement malade, c'est Nicolas qu'il fallait plaindre.

Dans ce contexte, le peu d'énergie et d'enthousiasme qui lui restait se trouva sérieusement diminué.
Il est décédé quelques jours avant l'enregistrement d'un nouvel album du groupe d'Indochine.

Ses derniers mots furent pour m'indiquer son sentiment d'amertume, prenant conscience d'avoir été manipulé, sans que quiconque dans le groupe ne se soit véritablement soucié de son salut et de son intérêt personnels.

Quelques heures seulement après le décès de Stéphane, Nicolas est reparti enregistrer à Bruxelles.
Il a préparé immédiatement quelques cérémonies théâtrales dont certaines qu'il a fait filmer, et que chacun peut trouver en bonus dans le DVD produit par sa société, qui est toujours en vente chez les disquaires et dans les supermarchés.

La promotion de sa seconde carrière a alors été immédiatement axée sur un appel à la compassion en direction des médias et du public.
Depuis, il est systématiquement fait appel à la mémoire de Stéphane dans le cadre de la promotion, d'interviews, de concerts et autres prestations.

Cette démarche pourrait sembler honorable si elle ne masquait pas que, pendant de si longues années l'intérêt personnel de Nicolas avait été toujours sa préoccupation exclusive, au détriment de la santé, puis de la vie de Stéphane.

L'on ne peut que déplorer que Nicolas se soit attribué seul le titre de groupe Indochine.
Il exploite ainsi, pour sa nouvelle carrière, un renom dont sont majoritairement à l'origine les membres du groupe qui ont quitté la formation d'une façon ou d'une autre.

Cette triste réalité confère à l'utilisation du pseudonyme "Indochine" par Nicolas, un aspect que j'estime immoral et scandaleux.

J'ai été informé que cette attestation est destinée à être produite en justice et que toute fausse déclaration de ma part m'expose à ces sanctions pénales.

Fait à Rennes, le 20 mars 2004

Christophe Sirchis

 

Il était également possible de lire :

Nicolas, prétendant que son frère ne savait pas jouer, organisa déjà des années auparavant ce singulier stratagème : cela consistait à ne diffuser le son de la guitare de Stéphane que dans ses écoutes de contrôle (ces petits haut-parleurs appelés "retours", placés sur scène à proximité de chaque artiste, pas dans ceux des autres musiciens, ni dans la sonorisation destinée au public.

Ainsi, voit-on dans de nombreux documents filmés Stéphane faire signe en vain aux techniciens pour que l'on augmente le niveau de son instrument.

Le pauvre ne se doutait pas un instant de l'odieuse situation, ni pourquoi les autres musiciens et techniciens répondaient à sa demande par un acquiescement gêné.

 

Et pour finir :

Le 26, rue Salvador Allende à Bagneux, aujourd'hui restauré par ses nouveaux propriétaires, était une remise de jardinier humide, mal isolée, bruyante, totalisant quelques 15m² habitables.
La "bonne affaire" avait été découverte par notre mère qui l'avait incité à s'en rendre acquéreur, car son frère Nicola, mieux rémunéré, se livrait à des investissements immobiliers.