Bordeaux, 17 mars 2007

Nous sommes vendredi 16 mars et je suis excitée comme une batterie survoltée. Ce soir je monterais dans les trains qui me conduiront à Bordeaux pour y voir Indochine. Cette journée me semble éternellement longue. Je tourne en rond et j’énerve mon mari par mon impatience (moi qui suis d’habitude très patiente). Dans l’après-midi je conduis ma fille chez son papy où elle passera le week-end.

18 heures: Je monte dans le bus. Je peux faire demi-tour. 18h15: j’attends mon train pour Bruxelles-Midi. J’y grimpe à 18h40. A Bruxelles-Midi je peux toujours faire demi-tour. 19h43: le Thalys arrive à moitié. Et bien oui, la moitié venant d’Amsterdam est à l’heure, mais l’autre moitié qui vient de Cologne a 30 minutes de retard. Il faut attendre... Le Thalys démarre, et là, plus moyen de faire demi-tour! Le bonheur m’envahit...

21h35. J’arrive à la gare de Paris Nord et le problème actuel est de rejoindre Paris-Montparnasse. Il me faudra 40 minutes pour y parvenir. Je suis assez surprise du monde qu’il peut encore y avoir à cette heure-ci. 30 minutes d’attente. 22h45: mon train pour Dax entre en gare. Pour ne pas changer, mon siège est en bout de train… Et ils sont si longs ces trains... Si je descends à Dax, c’est que Virginie a plus facile pour venir me chercher. Je ne dormirais qu’une demie heure en tout et pour tout durant ce voyage.

A 5h j’arrive à Dax et j’attends Virginie qui m’avait promis d’être là quand je descendrais du train. Et bien, elle arrivera avec 20 minutes de retard! On se met en route pour Bordeaux. Les nappes de brouillard nous empêchent parfois d’avancer convenablement. Nous nous arrêtons dans une station d’autoroute pour y prendre un café, et j’en profite pour me rafraîchir et me changer. Nous repartons pour Bordeaux. Virginie avait pris des plans pour ne pas se perdre, mais ils étaient si bien expliqués qu’on s’est quand même perdues! Ce n’est pas de sa faute... A chercher, on trouve quand même. Le plus difficile maintenant est de se garer. Deux heures à tourner en rond pour finalement se parquer près d’une petite école maternelle.

Nous arrivons à la patinoire à 9h. Les cars du groupe sont déjà là et nous voyons des techniciens décharger des caisses contenant le matériel nécessaire. Il y a une bonne vingtaine de personnes sur les marches de la devanture. Nous y rejoignons des "amis" rencontrés sur Myspace. Il y avait Cacahouète2 (et des amis à elle) avec qui on a papoté un peu avant de rencontrer Maomiss et ses amis. L’ambiance est vraiment bonne et le soleil nous réchauffe. Céline nous rejoint vers 10h. La matinée s’écoule vite et pourtant les heures semblent si longues... Le soleil nous quitte de temps en temps. Vers 11h40, je retourne à la voiture porter nos manteaux et prendre les cigarettes que l’on avait oubliées. Pendant ce temps, un vigile a fait déplacer les fans pour installer les barrières de sécurité. Au bout d’une heure, nous pouvons prendre place dans les files d’attente, malgré les bousculades et l’impatience (même irrespect) de certains. Durant ce temps de préparation, Vanessa nous a rejoint avec son mari Stéphane et sa sœur Katharina accompagnée de son époux David.

L’après-midi semble éternel, à mesure que grandit l’excitation. On entend quelques rares sons, on discute... Nous faisons connaissance d’un autre fan: Christophe. Vers 17h, l’équipe de l’indostudio sort. Nous convainquons Maomiss et Lucie de faire photographier leur banderole à fin de passer dans le médaillon. Elles y parviendront... La banderole rencontrera un vif succès.

Arrive 19h quand la sécurité commence à fouiller... J’attends Virginie et nous courons dans la salle pour rejoindre nos compagnons et être le plus près possible de la scène. Nous croisons Maomiss et retrouvons nos amis en face d’Oli. Le temps nous semble à nouveau très long... La première partie, Pravda, monte sur scène et ce n’est pas la super acclamation. Je ne connaissais pas ce groupe, mais je ne l’apprécie pas. Néanmoins je leur reconnais un bon coup de guitare. Après leur sortie, les techniciens montent le décor d’Indochine. On entend Nicola régler les micros et le public acclame le groupe, et nous nous emportons dans des "oh oh oh oh ...".

Finalement, à 20h45, la musique que l’on aime et que tout le monde attend retentit. Les horloges se déglinglent sur la musique de "La Promesse". Les lumières s’éteignent et les jeunes filles au tambour apparaissent une à une sur le rideau noir avec les premières notes de "Dunkerque". Le rideau tombe et nous découvrons le groupe derrière un voile blanc, sur lequel sont projetées de jolies petites images. Ils jouent le morceau en entier et "Ceremonia", sur laquelle s’écroule le voile. Et c’est là qu’une émotion innommable me transperce, et les larmes me montent aux yeux... Nicola a l’air d’une apparition...

"Alice et June" puis "Marylin"... Ca saute dans tous les sens, je suis totalement surexcitée! Nicola passe dans notre coin, il me voit pleurer de bonheur! Et un semblant de clin d’œil... Du moins je crois... "Adora"... "Punker"... Nicola a envie de nous parler ce soir, pour notre plus grande joie. "Gang Bang"... "Ladyboy"... Atterrit "J’ai demandé à la lune" et il nous fait reprendre le couplet de Pauline deux fois! Durant le morceau, il s’est allongé sur l’avancée. Nous l’acclamons tant et si bien qu’il en devient gêné. Un membre du staff vient alors nous filmer pour figurer sur le site officiel du groupe.

"Sweet dreams"... "June"... "Electrastar"... "3 nuits par semaine"... Le medley arrive avec "Miss Paramount", "Popstitute", et nous apporte Lou, qui joue sur "Stef II" et "Astroboy". Elle est vraiment douée! Il faut dire que le prof n’est pas mal non plus. Le groupe joue "Crash me", et l’on voit Nicola mal rasé (beurk...) sur le rideau de fond de scène. Oli nous sourit et lui aussi me voit pleurer. Décidément... Nicola nous fait un petit speech. Il dit qu’il ne comprend pas comment une ville aussi riche que Bordeaux n’a pas de salle de concert digne de ce nom. Avis aux politiciens s’ils étaient dans le coin... C’est l’heure de l’acoustique avec "Justine", "Salômbo" et "La colline des roses".

Le groupe s’en va. Premier rappel. Les techniciens installent un piano. Nicola demande de retirer les enfants de moins de 16 ans du premier rang. C’est "Vibrator". Début piano et voix langoureuse me surprend mais j’adore! Les guitares grondent et la salle entière sautille. Moi je n’en peux plus, je ne sais plus sauter... La fatigue du voyage s’est installée dans le corps mais l’esprit résiste. Je tiendrais jusqu’au bout! "Punishment Park" est lancé. Nous voyons la banderole sur l’écran. Maomiss et Lucie doivent être contentes. "Pink Water" vient calmer l’assistance. Suit "L’aventurier", intense et sublime malgré ses 25 ans. Nicola reste notre héros à tous.

Le 2è rappel sonne le glas de ce splendide spectacle. On se laisse emporter par "Tallula" et tous ces fans que Nicola choisit. Le groupe nous salue pour la dernière fois et quitte la scène. Nous sortons de la salle, des lumières et des souvenirs plein la tête et nous nous dirigeons dehors. Mes pieds me font souffrir, après ces longues heures de trains et d’attente, et de si peu mais mémorables moments de concert. Je me laisse conduire jusqu’au merchandising où je prends une quinzaine de posters. On s’aperçoit que le soleil m’a laissé (lui aussi) un petit souvenir sur le haut de la poitrine.

Virginie et moi prenons le chemin du retour. Nous suivons un Espace vert, et nous apprendrons un peu plus tard que c’était Nicola et sa petite famille. Je ne dormirais que 3 heures chez Virginie. 3h réparatrices. Maintenant, après ce bon et délicieux café, nous montons en voiture et retournons sur la gare de Dax. Puis retour au bercail... Indodéprime...